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dimanche 5 février 2012
Musique » MandinGroove (2004)
 

Cheick Tidiane Seck MandinGroove.jpg

   
MandinGroove

Un premier roman, l’auteur y condense souvent un maximum de souvenirs et d’expériences. Pareil pour un premier album, surtout quand celui-ci est le fait d’un musicien de 50 ans, riche d’une carrière jalonnée de multiples voyages. Depuis Sarala en 1998, magnifique rencontre avec le pianiste de jazz Hank Jones, on attendait la concrétisation en leader du projet de Cheick-Tidiane Seck. Sur cet enregistrement lumineux, le natif de Ségou avait surpris le sage jazzman par la qualité de ses écrits et la maîtrise de ses idées. Loué par l’aîné des frères Jones, Seck avait mené à bien cette aventure où le jazz et les folklores africains se trouvaient réunis dans un canevas chaleureux. L’album connut un beau succès d’estime.

Avec plus de trente ans de vie de sideman au compteur, Cheick-Tidiane Seck devait alors enfin graver son disque, reflet d’une identité composite de musicien africain nourri d’abord de tradition, puis des aventures plus novatrices des grands groupes des années 70. Le chanteur, guitariste, percussionniste et surtout clavier et compositeur s’attelle donc à ce MandinGroove dès 1999, juste avant de partir enseigner à l’université UCLA, avec Billy Higgins et Kenny Burrell dans le cadre d’un programme "West African Music Meets Jazz". Cinq ans de labeur vont s’écouler pour faire aboutir cet enregistrement en forme de condensé de vie.

Rien d’étonnant donc à le voir tourner autour des jeunes hip-hopeurs, incorporer des dynamiques jungle et drum’n’bass travaillées à Londres avec le batteur Marque Gilmore. MandinGroove est un joyeux patchwork, une marmite de rythmes et de chants en ébullition qui réunit la diaspora des musiciens africains plus les jazzmen Chico Freeman, Craig Harris et quantité d’amis du "guerrier" pour une session forcément foisonnante.

Romain Grosman, http://www.lesinrocks.com/

   
Titres

Cliquez sur le titre de chaque morceau pour l'écouter

1) M’BAOUDI - 6:08
(Traditionnel, arrangements Cheick-Tidiane Seck)
Cheick-Tidiane Seck: keyboards, acoustic guitar, lead vocal; Marque Gilmore: drums, tables; César Anot: bass; Mao Otayeck: guitars; Pibo Marquez: congas; Daniel Moreno: percussions; Paban Das Baul: lead vocal; Moriba Koïta: ngoni; Lansiné Kouyaté: balafon; Yacouba Cissoko: cora; Loran: talk box; Mama Kouyaté, Isabel Gonzales, Mao Otayeck, César Anot, Tom Diakité: background vocals

2) SIYA WOLOMA - 5:03
(Cheick-Tidiane Seck)
Cheick-Tidiane Seck: keyboards, lead vocal, percussions; Marque Gilmore: drums; Guy Nsangué: bass; Diely Moussa Kouyaté: guitar; Ousmane Kouyaté: guitar; Pibo Marquez: congas; Moussa Sissokho: percussions; Moriba Koïta: ngoni; Lansiné Kouyaté: balafon; Craig Harris: trombone; Lassi King: rap

3) N'TAMAMA - 6:03
(Traditionnel, arrangements Cheick-Tidiane Seck)
Cheick-Tidiane Seck: keyboards, lead vocal; Raphaël Chassin: drums; Francis Arnaud: drums; Michel Alibo: bass; Diely Moussa Kouyaté: guitar; Ousmane Kouyaté : guitar; Pibo Marquez: congas; Moussa Sissokho: percussions; Maré Sanogo: percussions; Lansiné Kouyaté: balafon; Ali Wagué: flutes; Moriba Koïta: ngoni; Yacouba Cissoko: kambelen ngoni; Chico Freeman: tenor saxophone; Elvita Delgado: vocal; Tamango: tap dance

4) DOUNOUGNA - 5:41
(Cheick-Tidiane Seck)
Cheick-Tidiane Seck: keyboards, lead vocal; Marque Gilmore: drums; César Anot: bass; Mao Otayeck: guitars; Pibo Marquez: congas; Daniel Moreno: percussions; Moriba Koïta: ngoni; Ali Wagué: flutes; Vincent Segal : cello; Christophe Cravero: violin; Loran: talk box; DeWayne Knox: lead vocal; César Anot, Mao Otayeck, Assitan Keita: background vocals

5) TIGILA YOUGBA - 4:36
( Cheick-Tidiane Seck)
Cheick-Tidiane Seck: keyboards, lead vocal; Raphaël Chassin: drums; Francis Arnaud: drums; Michel Alibo: bass; Mao Otayeck: guitar; Diely Moussa Kouyaté: guitar; Pibo Marquez: congas; Moriba Koïta: ngoni; Lansiné Kouyaté: balafon; Ali Wagué: flutes; Simon Andrieux: trombone; Cyril Guiraud: saxophone; Laurent Bonnet: saxophone; Rasul Siddik: trumpet; Lassi King: rap; Brigitte Palabaud: background vocal

6) INTERLUDE 1 - 0:23

7) WATJORO - 4:21
(Traditionnel, arrangements Cheick-Tidiane Seck)
Cheick-Tidiane Seck: keyboards, lead vocal; Marque Gilmore: drums; César Anot: bass; Mao Otayeck: guitar; Pibo Marquez: congas; Daniel Moreno: percussions; Moriba Koïta: ngoni; Lansiné Kouyaté: balafon; Cyril Guiraud: saxophone; Eddie Deloménie: saxophone; Pierre Chabrelle: trombone; Simon Andrieux: trombone; Boney Fields: trumpet; Assitan Keita, Isabel Gonzales, César Anot, Tom Diakité: background vocals

8) LE BLUES DES OUBLIES (DJONGNA) - 5:25
(Cheick-Tidiane Seck)
Cheick-Tidiane Seck: keyboards, flute, percussions, lead vocal; Marque Gilmore: drums; Guy Nsangué: bass; Eddie Connors: bass; Ousmane Kouyaté: guitar; Xavier Derouin: guitar; Pibo Marquez: congas; Abdurahman Kenyaté: mallet kat; Moriba Koïta: ngoni; Lansiné Kouyaté: balafon; Craig Harris: trombone; Amina: vocal ; Haroun Tebeul: nee, vocal; Najma: vocal; Lassi King: rap

9) DA MONZON - 6:19
( Traditionnel, arrangements Cheick-Tidiane Seck)
Cheick-Tidiane Seck: keyboards, acoustic guitar, percussions, lead vocal; Marque Gilmore: drums; César Anot: bass; Mao Otayeck: guitar; Pibo Marquez: congas; Daniel Moreno: percussions; Guillermo Franco: percussions; Moriba Koïta: ngoni; Lansiné Kouyaté: balafon; Vincent Segal: cello; Christophe Cravero: violin; Alex Hiele: double bass; Mama Kouyaté, Tom Diakité, Mao Otayeck, César Anot, Sophie Parrot: background vocals

10) MOGOKOUMA - 5:08
(Cheick-Tidiane Seck)
Cheick-Tidiane Seck: keyboards, lead vocal; Marque Gilmore: drums; Moktar Samba: drums; César Anot: bass; Mao Otayeck: guitar; Misja Fitzgerald Michel: guitar; Pibo Marquez: congas; Daniel Moreno: percussions; Guillermo Franco: brazilian percussions; Lansiné Kouyaté: balafon; Moriba Koïta: ngoni; Simon Andrieux: trombone; Pierre Chabrelle: trombone; Cyril Guiraud: saxophone; Eddie Deloménie: saxophone; Boney Fields: trumpet; Assitan Keita, Isabel Gonzales, Tom Diakité, César Anot: background vocals

11) INTERLUDE 2 - 0:12

12) SANIYO - 3:47
(Cheick-Tidiane Seck)
Cheick-Tidiane Seck: keyboards, calbass, lead vocal; Marque Gilmore: drums; Moktar Samba: drums; César Anot: bass; Mao Otayeck: guitar; Pibo Marquez: congas; Daniel Moreno: percussions; Ali Wagué: flutes; Idrissa Diop: lead vocal; Paban Das Baul: lead vocal, indian percussions; Loran: talk box; Assitan Keita, Isabel Gonzales, César Anot, Mao Otayeck, Tom Diakité: background vocals

13) WORO COLA - 5:25
(Cheick-Tidiane Seck)
Cheick-Tidiane Seck: keyboards, lead vocal; Marque Gilmore: drums; Guy Nsangué: bass; Mao Otayeck: guitar; David Gilmore: guitar; Pibo Marquez: congas; Lansiné Kouyaté: balafon; Vincent Segal: cello; Christophe Cravero: violin; Craig Harris: trombone; Simon Andrieux: trombone; Laurent Bonnet: saxophone; Cyril Guiraud: saxophone; Rasul Siddik: trumpet; Sandra Nkaké, Jerryka, Janice Leca, Sophie Parrot: background vocals

14) GNOGONBOGNA - 4:38
(Cheick-Tidiane Seck)
Cheick-Tidiane Seck: keyboards, acoustic guitar, percussions, lead vocal; César Anot: bass; Eddie Connors: bass; Mao Otayeck: guitar; Ousmane Kouyaté: guitar; Daniel Moreno: percussions; Lansiné Kouyaté: balafon; Ali Wagué: flutes; Christophe Cravero: violin; Nahawa Doumbia: lead vocal

15) INTERLUDE 3 - 0:08

16) TO BANIMATO - 5:02
(Traditionnel, arrangements Cheick-Tidiane Seck)
Cheick-Tidiane Seck: keyboards, calbass, lead vocal; Marque Gilmore: drums; César Anot: bass; Mao Otayeck: guitars; Pibo Marquez: congas; Simon Andrieux: trombone; Pierre Chabrelle: trombone; Cyril Guiraud: saxophone; Eddie Deloménie: saxophone; Boney Fields: trumpet; Craig Harris: lead trombone; Mama Kouyaté, Moadjo Maka, Mao Otayeck, César Anot, Tom Diakité: background vocals

   
Quelques mots à propos de chaque titre

M’Baoudi : “ L’esprit, en quelque sorte. On avait l’habitude de le jouer avec le Rail Band. Je l’ai réactualisé à ma sauce. ”

Siya Woloma : “ Un thème construit à partir des balafons sénoufo, de leurs pentatoniques. Je mets en garde l’Afrique d’un nouveau fléau : le retour aux guerres ethniques ! Et donc je prône le respect mutuel, les valeurs d’altérité. ”

N’Tamama : “ Il s’agit d’un traditionnel qui s’inspire de la légende d’un homme qui vivait sous l’eau. C’est ce que je chante et à la fin, la Vénézuélienne Elvita Delgado reprend la même idée, en espagnol… Au départ ce devait être un duo avec Chico Freeman, que l’on entend me répondre au saxophone, suivi d’un solo de tapdance qui sonne comme des percus ! ”

Dounougna : “ Dunya, c’est le monde en arabe. C’est la grande chose sans prix. Qu’il faut préserver, où les liens doivent être refaits… C’est pourquoi DeWayne Knox, un chanteur de spiritual qui fut mon élève à UCLA, chante dessus. C’est un thème que j’ai écrit en 1988, quand on me disait de repartir chez moi. En un mois. Alors que je suis né au Soudan français ! Je n’y exprime même pas de la colère, juste ma déception. ”

Tigila Yougba : “ On peut le traduire par “Va t’éclater et reviens à la maison”. En fait, il s’agit d’un groove basique que je joue depuis longtemps pour présenter mes musiciens à la fin d’un concert. Et ce sont eux qui m’ont dit d’en faire un titre à part entière. C’est pourquoi cette musique de danse est dédiée à tous mes compagnons d’armes qui sont partis, mais aussi à tous ceux qui sont encore là. Le jeune rappeur Lassi King chante ici en bambara. ”

Watjoro : “ Ça, c’est mon classique depuis trente ans. Sur une forme de pentatonique propre aux Sénoufos, le refrain dit : “Le vainqueur du labour est passé…” ”

Le Blues des oubliés (Djongna) : “ Une gamme peule que j’ai arrangée dans l’esprit hip-hop. Et puis nous avons fabriqué nous-mêmes les samples ! Cela parle des oubliés, des négriers de toutes les couleurs, du fait qu’avant on asservissait les hommes, et que désormais ce sont les âmes. Il faut mettre en place un nouvel ordre mondial, avec une redistribution plus juste. Et pour rendre compte de cela, je voulais une diversité d’horizons : Amina fait des gammes orientales, Najma apporte une touche indienne, Haroun Teboul la tradition du chant soufi, Craig Harris glisse un solo de blues intimiste… ”

Da Monzon : “ Un 3/4 classique, rehaussé d’un 4/4 plus funk au milieu. De même, si la tradition est bien là, il y aussi les violon et violoncelle de Christophe Cravero et de Vincent Segal. Mais surtout, c’est un hommage à ma ville : Da Monzon est le roi de Ségou que la mémoire collective a gardé, comme le prouve cette composition plusieurs fois centenaire de Sokoufo Soriba. ”

Mogokouma : “ La médisance. Ne me juge pas selon ce que disent les autres. Dans les années 70, je le jouais au clavinet. J’ai d’ailleurs conservé les arrangements d’époque, mais j’y ai ajouté un solo très très jazz du guitariste Misja Fitzgerald. ”

Saniyo : “ C’est un morceau qui m’a été offert en 1984 par mes tantes, en Gambie. Elles me l’ont chanté en s’accompagnant de gourdes. Je suis né dans ce rythme, la musique toucouleur, le yela qui sonne comme l’ancêtre du reggae. Et par-dessus, je mets en exergue la rencontre entre deux voix : celle d’Idrissa Diop, clin d’œil au Sénégal, et Paban Das Baul, pour marquer mon intérêt pour les musiques indiennes. ”

Woro Cola : “ Un titre qui est à la fois un pléonasme et un jeu de mots. Woro, c’est la cola, mais worocola, c’est aussi le laveur de cola. Toujours est-il que ce fruit symbolise tout dans notre société : du mariage au deuil… Je l’ai composé en voiture, juste après avoir mangé de la noix de cola. En réaction aux élections du 21 avril 2002. Nous sommes tous des enfants de l’immigration, c’est pourquoi les paroles mêlent le bambara et le français. ”

Gnogonbogna : “ Ou Baman blues. C’est comme un blues qui invite à prendre conscience de l’autre. Que sans cette dimension, rien ne réussira. C’est un titre qui est en fait une transposition de ce que j’écoutais, gamin, à Radio Mali. A l’époque, je le jouais instrumental. Là, les paroles parlent de Lumumba, de Biko, de Kwame N’Kruma, ceux qui n’ont pas eu le temps de mettre en œuvre leurs visions. Nahawa Doumbia est venue poser sa superbe voix dessus. ”

To Banimato : “ Rythme utilisé pour la danse par la des clowns, qui salue des musiciens qui hantent les villes de l’Ouest africain. Il s’agit d’un faux neuf temps, qui existait dans la tradition. Ça dansait ! Mais là j’ai réécrit le groove, et on entend le trombone de Craig Harris. L’éléphant ! ”

   
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